Tropical Core Mix (Théâtre Vladimir Canter – CROUS Réunion Mayotte en partenariat avec Electropicales)
Tropical Core Mix (Théâtre Vladimir Canter – CROUS Réunion Mayotte en partenariat avec Electropicales)
Pour cette première édition de Radio La Kour, Radio Coco a tendu le micro à deux talents émergents de la scène réunionnaise : Isadora et Airone, accompagnés de leur producteur Alvin Brown Beats. Une rencontre en direct et en public, entre échanges complices, découvertes musicales et performances live, imaginée en partenariat avec Château Morange.
Crédits :
Accueil et partenariat : Château Morange
Présentation et animation : Eloïse Bonnan
Invités : Isadora, Airone et Alvin Brown Beats
Musiciens : Christelle (Telle.drums) — batterie ; Paul — guitare et basse ; Thomas (Sam Cruz) — clavier
Réalisation technique et diffusion en direct : Julien Caubet
Captation vidéo :Romane Rosso
Jingle Radio La Kour : Moroh.run
Production : Radio Coco / Electropicales
& Gaëlle Lhonneur
Nouvelle année, nouveaux rendez-vous live. Bonheur ! Entre scènes locales en pleine effervescence et dispositifs nationaux de repérage, le début de l’année 2026 s’annonce dense et inspirant pour les amateur·rices de concerts à La Réunion. Sélection non exhaustive, mais hautement recommandée, de dates à cocher dès maintenant dans vos agendas.
Il suffit de quelques minutes pour être happé. C’est en tout cas le sentiment qui nous a traversés au lendemain de la Fête de la musique 2025, lorsque nous n’avons plus décroché ni les yeux ni les oreilles de la scène où se produisait Sol Rosa. Une découverte royale.
Porté par Julien Mablouké aux claviers, Bénédicte Maillot au chant et Mu Picard à la guitare, Sol Rosa déploie une électro-pop sensible, aux confins de la folktronica. Même lorsqu’on est peu familier du genre, le projet sonne sincère, habité, et surtout redoutablement addictif en live.
Gratuit, accès libre.
Premier dispositif national de repérage et de sélection de nouveaux talents artistiques, les Inouïs du Printemps de Bourges s’appuie sur 29 antennes territoriales françaises et francophones et plus de 350 professionnel·les pour défricher les artistes qui feront l’actualité musicale de demain. À La Réunion, assistez aux auditions du rappeur Tidem qui poursuit sa belle ascension, le duo franco-malgache Géovanio & Dexstar, le projet électro Mù, sans oublier le duo électro-punk TABA! au Kerveguen, le vendredi 30 janvier.
Gratuit sur réservation.
Et si vous découvriez ou redécouviez la tradition péi autrement, ça vous tente ? Le 6 février prochain, vibrez au son du Maloya sous toutes ses couleurs à la Cité des Arts.
D’un côté, i rèt dan la kour avec bann marmay la Possession. Plongés dans les kabarés depuis leurs premiers pas, les membres de Ban Mwakalé respirent leur passion : la transmission de la culture réunionnaise. Une nouvelle génération de maloyeurs à la manière “lontan” avec qui l’on retrouve les racines mozambicaines ancrées dans l’histoire de notre île. De l’autre, i sot la mèr avec le groupe Saodaj : du maloya mêlé au rock alternatif et percussions variées. Bref, une soirée à l’image de La Réunion : plurielle et intense.
Auteur-compositeur-interprète et producteur, il a écumé les scènes de festivals majeurs à travers le monde : Lollapalooza, Paleo Festival, Virada Cultural (Brésil), Fusion & Afrobeats (Allemagne) ou encore le VYV Festival en France. Accessoirement, James BKS est le fils du légendaire saxophoniste camerounais Manu Dibango !
Sa musique hybride navigue entre hip-hop, afrobeats, soul makossa, drill et pop, avec une écriture personnelle et engagée. Son dernier EP, See You Rise – And Win, paru en décembre 2025, en est le manifeste : un projet puissant, ancré dans les héritages afro-diasporiques et tourné vers l’avenir.
Une soirée 100 % cru local, placée sous le signe de la scène indépendante réunionnaise.
D’un côté, Nikki Never Dies, formation indie rock à l’univers singulier, nourri de trip-hop, de science-fiction et de poésie étrange. Le groupe déploie une matière sonore riche, portée par la batterie de Nicolas Diem, la voix de Clara Vandierdonck, les envolées de la guitare polymorphe de Nicolas Dali et les textures du clavier-basse de Benjamin Rebolle.
De l’autre, Kanasel, avec une pop folk en créole solaire, sensible et généreuse, qui invite à l’écoute et au partage.
Un double plateau qui promet une belle immersion dans les écritures musicales péi contemporaines.
Ovni local, il nous mettait encore une claque (bienvenue) lors de la dernière édition du festival Kromali en fin d’année 2025… Audacieux, accompli et singulier, Aurus s’est affirmé comme un artiste qu’aucune case ne pourrait contenir. Il sera accompagné le 13 mars 2026 de l’orchestre de la Région Réunion pour une carte blanche hors du commun. Le concert promet d’être une expérience unique, marquant la rencontre entre la transe vocale et les instruments classiques. C’est à ne surtout PAS rater !
À partir de 10€, billetterie par ici.
Deux surdoués à l’affiche d’une soirée placée sous le signe de l’avant-garde musicale réunionnaise.
D’un côté, la brûlante Sueilo, à qui l’on jure une fidélité sans faille, quelles que soient les trajectoires qu’elle explore : reggae, shatta, bouyon, soul, drum’n’bass… Une show girl, toujours là où on ne l’attend pas.
De l’autre, Toti, rappeur pas comme les autres, dont le quotidien oscille entre ordonnance le jour — il est médecin généraliste — et micro en main la nuit, où il déploie un flow toujours précis et percutant.
Un double plateau rare, que vous ne voudrez clairement pas manquer.
À partir de 10€, billetterie par ici.
Une lumière dans l’obscurité, de la douceur dans une réalité brutale, un album taillé parfaitement pour son interprète. Gwendoline Absalon offre un voyage intime et introspectif à travers son vécu. L’album “Fanal Fénwar” c’est un récit, un projet, personnel et engagé où l’artiste plonge son public dans des sonorités capverdiennes, réunionnaises avec une touche de jazz dont elle seule a le secret.
Alias Electric Dread, Winston McAnuff sait se faire désirer… Alors que sa venue était programmée notamment dans le cadre du festival Electropicales en octobre dernier, c’est finalement en mars 2026 que son public pourra aller à sa rencontre.
Toujours est-il, c’est showman qu’on rêvait de faire venir par ici. Voix rugissante, présence magnétique, Winston McAnuff est une figure libre du reggae jamaïcain.
& Gaëlle Lhonneur
Sélection / En attendant que la belle éruption Electropicales 2025 jaillisse, on vous a préparé une playlist maison, totalement subjective. Du local bouillant aux têtes d’affiche venues faire trembler le Barachois, de quoi muscler sa culture musicale en se mettant déjà dans le mood.
RAP, électro, club ou mode : cette Parisienne a un pied dans chacun de ses mondes. Mieux encore, son nom met tout le monde d’accord à l’intérieur de chaque. DJ et host, figure familière des clubs de renom comme des défilés et festivals, Andy4000 est dotée d’un 6ème sens 2.0 aux platines. Sa zone de confort ? Vous retournez un dancefloor avec une sélection qui bastonne, un tour du monde des sonorités, tissant une toile subtile entre la crème du mainstream et de l’underground.
Sacrément pointue dans ses références, sans toutefois vouloir les étaler : quand Daphné Bürki l’interroge sur France Inter “Pourquoi Andy4000 au fait ?”, elle répond comme si c’était un lieu commun “Ah parce que André3000, figure du rap américain originaire de la scène d’Atlanta. Tout simplement”.
Quasi introuvable sur les plateformes de streaming, Andy4000 est taillée pour les rencontres en vrai, en live. Ç a tombe bien, elle sera en restitution d’une résidence unique avec Roulèr Killer, le jeudi 9 octobre à Electropicales !
Pour les non-aficionados de la scène sound system : Serial Killaz, c’est le duo britannique culte, pilier de la jungle et de la drum’n’bass depuis plus de deux décennies. Pour faire simple, ces deux genres nés dans les raves anglaises et les entrepôts londoniens des années 90 ont chacun leur marqueur : la jungle, avec ses rythmiques frénétiques (les breakbeats), ses voix ragga et ses samples reggae ; la drum’n’bass, qui prolonge cette énergie en poussant les basslines toujours plus loin.
Paru en mars 2025 sur un EP éponyme, leur morceau Fat Spliff, en featuring avec Mad Sam, en est la parfaite carte de visite. Hymne drum’n’bass traversé de vibrations reggae et sound system, il concentre l’énergie brute et festive du duo avec les lyrics et la technique vocale du MC Mad Sam. Serial Killaz ne se contente pas de perpétuer un héritage : ils le réinventent.
Authentique, brut, assumé… le rappeur N’Dji n’est plus à présenter sur la scène urbaine réunionnaise. En 2025, « l’ancien” du rap péï a encore frappé fort cette année avec la sortie d’un nouvel album Alors Tonton !. Des instru à l’ancienne, des textes percutants : un retour à un rap de fond, à un rap qui bouscule, un rap “pou fé pèt koko” (qui explose la tête). Un vrai plaisir pour les loveurs de punchlines incisives.
Le terme militant ne serait peut-être pas adéquat, mais pour le titre “Koz Kréol” on a presque envie de l’utiliser. Le son et le clip clament autant l’un que l’autre la fierté du métissage local. Un sujet commun aux réunionnais, que le rappeur rend si singulier, non seulement par sa plume mais aussi par ces images symboliques de lui, déambulant dans sa ville d’origine : Saint Paul. Et oui, être Kréol ça se revendique.
Il y a des collaborations qui flopent, d’autres qui fonctionnent mais celle-là, elle envoûte. Helix Dynasty et So’Fresh c’est d’abord une histoire de famille : le premier, producteur et dj mauricien, et son frère, chanteur et rappeur. “Mo pou fight”, premier feat, propulse en 2021 la carrière du jeune So’Fresh sur la scène mauricienne, séduisant le public avec des sonorités afrobeat, douces mais dansantes. Le duo n’en reste pas là et impose son style.
Finalement, le mélange du créole mauricien et d’un univers musical plutôt afro-électrique souffle un vent nouveau. Une brise sentimentale tournée vers l’expérimentation. On pourrait même parler d’un projet des plus prometteurs de la nouvelle scène de l’île sœur, si ce n’est dans l’Océan Indien.
C’est l’histoire d’un remix stratosphérique, comme seule la pop moderne sait en offrir. Tout commence avec Future Nostalgia, album-capsule de Dua Lipa sorti en pleine pandémie, salué comme l’un des meilleurs disques pop grand public de ces dernières années. Très vite, l’idée germe d’en faire une version remixée : ce sera Club Future Nostalgia. Et pour cela, Dua appelle l’arme fatale des platines, The Blessed Madonna.
Cette dernière s’attaque à Levitating avec sa patte club survitaminée. Mais Dua veut encore plus de « fun ». Elle dégaine deux mails bien sentis à… Madonna et Missy Elliott. Les deux divas acceptent illico. Madonna enregistre à distance, glisse même une référence à son tube Lucky Star (1983), pendant que Missy balance son couplet – avec en prime un coup de klaxon (on sait pas pourquoi). The Blessed Madonna assemble le tout façon puzzle rave. Résultat : un remix monumental, devenu le lead single du projet, pressé sur vinyle via son propre label We Still Believe. Épic.
« Le beau temps c’est pas pour ceux qui ont toujours la rage ». Tout est dit, ou presque. Sur ce titre extrait de Lili aux paradis artificiels : Tome 2, Theodora explore ses zones grises. Santé mentale, pensées noires, corps en miettes : sa voix cristalline se faufile sur une prod électro douce-amère, avant de s’évanouir dans le vocodeur.
Mais même quand ça fait « aïe », Theodora garde le panache – avec ces « aïe aïe aïe » presque enfantins, elle a l’élégance des grandes âmes sensibles qui rehaussent le pathos par un peu de légèreté. Révélation féminine aux Flammes 2025, la Boss Lady ne se résume pas à ses tubes bouyon viraux. Elle est aussi ça : une plume, une artiste entière.
Ce qu’on adore aussi sur ce tome 2 ? Cette lucidité désarmante dans Love me lagadou (<3 ?) où elle claque : « J’ai vaincu certaines de mes idées noires donc cet été promis, oui, on fera la fête. » Quand on connaît la suite de son ascension, on peut le dire : Théodora vise juste.
Silhouette androgyne, menue mais reconnaissable entre mille : crâne rasé, lunettes noires opaques, bombers en cuir. Rebeka Warrior, qui d’autre ? Julia Lanoë de son vrai nom, n’aurait pas pu trouver meilleur nom de scène. Derrière elle, tel un alchimiste, le grand Vitalic bidouille ses machines avec la précision d’un horloger, glissant des nappes et basses taillées pour mettre en relief les envolées vocales de sa partenaire – cette fois en anglais et en français, plutôt qu’en allemand.
Moins “mort sur le dancefloor” que d’autres titres du duo, Only in Your Arms laisse entrevoir une facette plus douce, presque romantique, sans rien céder à l’intensité. Moins de techno indus, plus de souffle synth-pop. Le morceau plane, charme, envoûte – quatre minutes dix d’un Kompromat un peu plus lumineux, extrait de Playing/Praying un deuxième album toujours aussi dark et dansant .
Et ça, on aime beaucoup.
Scènes de vie marocaines, décor minéral, voix en retrait :Le bruit de mon âme montre une autre facette du rappeur de Sevran. Le morceau-titre de son deuxième album solo sorti en 2015 tranche net avec les uppercuts de Kadirov, Se-vrak ou Four.
“J’me rends compte que j’suis bien plus petit que mes rêves” : c’est pas le genre de confidence qu’on attendait de Kaaris et pourtant… c’est cette humilité qui d’un coup de baguette magique humanise le bonhomme et rend ce titre marquant. Entre références littéraires (François Mauriac, Malcolm X), Kaaris livre un texte plus méditatif que martial. Et puis il y a ce refrain de mafioso, qui résume tout :
“J’ai longtemps hésité entre écouter le bruit de mon âme et le bruit de mon arme.”
On sait ce qu’il a choisi. Sinon le film serait moins bon.
Dix ans après sa sortie, Le bruit de mon âme reste dans l’ombre d’Or Noir, mais il renferme quelques-uns des morceaux les plus sincères du rappeur. À revisiter, sans faire de pompes torse nu.